Estelle Mei Aubert
Thérapie Craniosacrale, Instructeure d'apnée
Wanga Nègès, les colibris d'Haïti, partis de Suisse
Lu 12 Mar 2018

Aller se perdre dans la montagne haïtienne, à plusieurs heures à pied du premier chemin, suivies de plusieurs heures de pistes, 4x4 indispensables, avant de pouvoir rejoindre la première route, rajouter à cela plusieurs heures de voiture supplémentaires pour rejoindre la ville la plus proche ? Là où aucune ONG ne se permet d'envoyer ses employés, trop éloigné, trop dangereux... C'est pourtant là qu'une population paysanne vit dans une extrême précarité.

"Elle conduit à l'autonomie et laisse place à la Beauté."
Cette citation se trouve dans Terre et Humanisme, le manuel des Jardins agro-écologiques. Je ne peux m'empêcher de l'appliquer à cette jeune femme qui, un jour, s'autorise à respecter son cœur et ses valeurs, son besoin de faire concrètement sa part, avec ses qualités et ses convictions.

En 2015, tout quitter, son confort, son territoire familier, son travail, et donner vie à une association qui allie à la fois son besoin de préserver la terre, de nourrir les ventres affamés, s'engager dans le développement durable où réellement les droits humains priment toujours sur les intérêts économiques, où les forces et la culture propre des populations concernées est préservée et respectée.

De précieuses petites graines plantées, au propre comme au figuré.

Quelle joie d'être témoin de la vie qui circule, leurs actions sur place sont porteuses de tant d'espoir : éveiller les personnes à leur propre potentiel et s'autoriser à imaginer un présent meilleur, se hasarder même à imaginer un futur plus doux, d'indépendance alimentaire. Aider cette population paysanne à réaliser l'importance primordiale de leur rôle, celui de nourrir également leurs proches tout en respectant la terre, travaillant main dans la main avec des associations locales. L'association s'engage également dans l'amélioration de la santé (bases sanitaires élémentaires), s'est naturellement engagée à améliorer la scolarité des enfants de la région et même, malgré la politique locale, à tenter de réellement améliorer l'accès à cette partie de la montagne, totalement oubliée, sauf peut-être en temps d'élection avec ses lots de promesses, toutes aussi vite oubliées…

Évidemment, ils ne peuvent s'empêcher de sauver au passage quelques chiens et chats, tout en évitant de rendre leur petite hutte trop confortable pour les grosses mygales et autres poilues locales…

Merci infiniment à ces colibris, qui sèment leurs graines autant dans la terre haïtienne, que dans nos cœurs. 

http://jardinswn.org