Quelle merveille. Malgré de fond historique tragique, éternellement en répétition...
Un film absolument magnifique, à tant de niveaux différents.
Si vous le pouvez, allez à la rencontre de sa réalisatrice, Dea Gjinovci, si touchante, dont l’intelligence du cœur rejoint celle de l’esprit.
Le monde imaginal est placé en superposition à sa réalité historique.
Une simple scène en bois, décorée de voiles et de tissus, d’ombres et de lumières au cœur d’un village… plans magnifiques et voilà que la vie se remet à circuler dans la vie réelle:
Autour du plateau de tournage, les liens entre générations et entre habitants se recréent.
L’entraide et la joie du partage renaissent.
Les langues se délient de leurs souffrances, les non-dits trouvent un espace pour se libérer. Le monde imaginal et toute sa puissance rejoint en conscience le quotidien de tous les personnages, autant que les personnes.
J’ai été profondément touchée par tant d’universalité.
C’est l’histoire de l’humanité qui se rejoue : sa cruauté, son absurdité qui se répètent sans cesse mais grâce à des personnes comme Dea Gjinovci, grâce à leur travail et à leur élan créatif si puissant et porteur d’amour, ce n’est pas l’absurdité ni la souffrance qui ont le dernier mot.
La frontière entre la scène et nos cœurs s’efface.
Quelque chose est transcendé.
Et apparaît alors une réalité vibrante d’authenticité et de beauté.
Infiniment merci.
Merci à La beauté de l’âne.