Associer la thérapie craniosacrale, la respiration thérapeutique et, lorsque cela est pertinent, l’usage d’activateurs souples. Il ne s’agit pas de corriger de force, mais de créer les conditions pour que le système se réorganise de lui-même.
Cela fait deux ans que je tente de créer cette ouverture. Forcément comme à chacun de mes questionnements, c'est comme si j'ouvrais une boîte de Pandore, des mondes différents, parfois opposés y jaillissent, tout est si passionnant. Recherches ponctuées de retours à la respiration, sachant que mon essentiel est bien là, dans le son du silence, en fin d'expiration, entre des articles, entre deux lignes...
Mais au moins que ce temps consacré à fouiller serve à d'autres, comme moteur pour faire vos propres quêtes (= queste-questionnements).
Ce qui m'a réjoui, c'est de découvrir que l'orthodontie fonctionnelle semble précéder celle classique actuelle, qui force qui tire qui fige. Il me parait donc venu le temps de redonner la place au vivant pour l'accompagnement de la mâchoire et des dents.
Dès la fin du XIXᵉ siècle et le début des années 1900, des praticiens comme Norman Kingsley, Pierre Robin, puis Viggo Andresen ont posé les bases d’une orthodontie fondée sur la fonction, la croissance et l’adaptation des tissus. Ces pionniers observaient déjà que la respiration, la posture de la langue, la mastication et l’équilibre musculaire jouaient un rôle déterminant dans le développement des mâchoires et de l’occlusion.
L’orthodontie fonctionnelle s’est ainsi développée très tôt à l’aide d’appareils amovibles les moins contraignants possible, destinés à accompagner la croissance plutôt qu’à imposer un déplacement mécanique des dents. Ce courant a longtemps coexisté avec d’autres approches, avant que l’orthodontie fixe, plus rigide, plus agressive et plus standardisable, ne prenne progressivement une place dominante au cours du XXᵉ siècle.
Cette suprématie de l’orthodontie mécanique a eu pour conséquence que beaucoup de personnes ignorent aujourd’hui qu’il existe des alternatives plus douces, agissant en amont, sur les causes fonctionnelles plutôt que sur les seuls effets visibles, voire pire qui ne focalisent que sur l'esthétisme au détriment de la respiration et donc de la santé. L’orthodontie fonctionnelle, lorsqu’elle est bien indiquée et bien accompagnée, peut offrir des résultats durables, précisément parce qu’elle s’appuie sur l’autorégulation du système cranio-facial et non sur une contention prolongée. Ici, la stabilité ne dépend pas d’une barre fixe destinée à “tenir” une correction, mais de l’équilibre retrouvé entre respiration, posture, muscles et tissus.
À cela s’ajoutent des bénéfices souvent sous-estimés : moins de contraintes, moins de douleur, des coûts généralement plus accessibles, et surtout une approche qui respecte davantage le rythme biologique, tant chez l’enfant que chez l’adulte.
C’est dans ce contexte que s’inscrit mon accompagnement, à la croisée de la thérapie craniosacrale, de la respiration thérapeutique et de l’utilisation d’activateurs souples.
Cet activateur devient une aide à la mise en routine d'instants si essentiel dans nos rythmes effrénés : s'arrêter, contempler, s'ancrer dans le présent, laisser être et respirer au large.
Mon accompagnement s’inscrit dans cette voie là. J’y associe thérapie craniosacrale, la respiration thérapeutique et, lorsque cela est pertinent, l’usage d’activateurs souples. Il ne s’agit pas de corriger de force, mais de créer les conditions pour que le système se réorganise de lui-même. Il s'avère efficace pour protéger les dents contre le bruxisme, en attenant que l'on parvienne à sortir de cette habitude inconsciente.
Il existe plusieurs types et styles d'activateurs. J'en ai trouvé aux USA, en Angleterre, en Italie. Pour l'instant j'ai choisi le Machouillou, fabriqué en France, adapté aux bébés, aux enfants et aux adultes. Chez l’enfant, il soutient un développement harmonieux ; chez l’adulte également. Il prolonge le travail entre les séances, motive à la pratique donc la responsabilisation de la personne dans son processus, et protège les dents en particulier dans les situations de bruxisme, de tensions mandibulaires.
Ce genre de choix entre l'interventionnisme parfois agressif versus le soutien du potentiel humain à l'auto-régulation, l'histoire de la médecine en est jalonné.
L'un n'empêche pas l'autre, mon propos n'est en aucun cas de les opposer : la médecine réparatrice de la matière réduction de fractures, pose de prothèse, opération cataracte etc.) et d'urgence (fonctions vitales en péril) sauve des vies.
Mais avoir le choix, dans les situations qui s'y prêtent, comme à mon sens l'orthodontie, c’est affirmer qu’en matière de santé, la douceur n’est pas une faiblesse, mais une stratégie à long terme. C’est redonner au corps sa place de partenaire, et non d’objet à corriger. On n'impose pas une forme, on accompagne un processus.
Ce travail ne promet pas une correction rapide - bien que chez moi, sa rapidité m'ait carrément effrayée au début - il propose autre chose, tout comme la thérapie craniosacrale :
Faire confiance à l’intelligence du corps, laisser le souffle remettre de l’ordre, et permettre à la forme de naître de l’équilibre, plutôt que via de la contrainte.
Quelques références que je vous invite à aller creuser :
Michel Montaud, qui a écrit deux livres dont le premier : Nos dents, une porte vers la santé. Il semble avoir formé bons nombre de dentistes, ortho-dentistes classiques et curieux, à ce qu'il a appelé la dentosophie. Puis, il a continué son dépouillement du formatage de ses études et pratiques académiques et nomme actuellement son cheminement : l'humano-dentosophie. Vous trouverez sans doute bon nombre de vidéos sur divers réseaux, chaînes youtube etc.
Ici en Suisse, j'avais trouvé Laurent Godfroy qui semble suivre ce cheminement de l'humano-dentosophie. Voici une émission parmi d'autres que vous pouvez écouter à son sujet.
En France, le dentiste Philippe Coat qui a créé et commercialise le machouyou, activateur que j'ai choisi pour complémenter certains traitements en TCS. quelques podcasts à son sujet chez David dans son Limitless Project et chez Stéphane créateur de la Breathing Accademy et de sons podcast In the Air. Vous trouverez finalement plein d'options, même des bouches de grenouilles, autre concept, autre chemin qu'est le froggymouth. Une utilisation dans la distraction, non consciente, mais qui semble aussi fonctionner. Du coup chacun pourra choisir l'option qui lui conviendra le mieux.
C'est l'avantage dans la médecine, quand pour une même problématique, deux visions sont opposées, cela nous redonne notre liberté de suivre son intuition quant à ce qui nous conviendra, essayer, explorer, garder son esprit ouvert et préserver voire reprendre la responsabilité de sa santé.
A noter que ces activateurs semblent pouvoir améliorer les apnées du sommeil. (J'entends surtout les légères). Je vous invite également à explorer la piste de renforcer et ne pas se laisser atrophier les muscles de l'arrière gorge. Par ex via l'utilisation d'un digeridoo ou d'un cor des alpes? Une cliente de mes cours de Mouvements et Souffle me partageait que depuis que son mari joue du cor des alpes, il ronfle moins.







