Estelle Mei Aubert
Thérapie Craniosacrale, Instructeure d'apnée
Les Odyssées de la Conscience
Me 19 Feb 2020

Poussé par ce besoin si profond d’atteindre le réel, Jean-Yves Leloup cherche dans la philosophie, la littérature, la psychologie des profondeurs, les langues anciennes, permettant d’accéder directement aux textes fondateurs de différentes religions en échappant ainsi à la teinte des traducteurs, qui passent trop souvent à côté de la cible et du sens caché. 

Il a cherché à travers une vie vagabonde, sur les chemins de l’absurdité jusqu’à la mort au bord d’un trottoir d’Istanbul. Il a expérimenté le cœur qui cesse de battre, ou qui cesse peut-être de se battre, mais il en est revenu. Ça laisse des traces, ça ouvre encore plus profondément les sillons de la quête. Se remettre en chemin, retrouver l’effluve de son Graal à travers la gratuité d’un geste paraissant si anodin, une boisson chaude et un croissant offerts par une inconnue dans l’hiver et l’effroi de l’absurde, ou d’un peu d’eau au fond d’une boîte de conserve rouillée en haut d’un des flancs les plus abruptes et arides du Mont Athos : Au milieu de l’absurde, un geste d’amour et de compassion valent toutes les théories et les bibliothèques du monde.

L’exploration du monde extérieur et de son passé avec ses sagesses anciennes, (entre autres l’Égypte et son livre des morts, dix siècles avant JC, le bouddhisme tibétain et leur Bardo Thödol, XIIIème siècle, le taoïsme, et passant forcément par les grandes traditions monothéistes), il prend aussi la voie de la physique quantique, sans jamais opposer tous ces points de vue multiples, ni lisser leurs différences. De tels voyages ne peuvent être que le reflet d’un monde intérieur à lame océanique puissante : ce chemin héroïque est sans doute le plus effrayant des deux : traverser ses propre déserts, ses propres contradictions, ces disputes entre le célibat et le mariage, finalement renaître de ses cendres et rester « fiancé » au vivant. Ce besoin insatiable de conscience, d’amour, de liberté, de sens, de retrouver ce goût de l’unité de l’être.

Dans les années 80, il a tenté d’insuffler la vie à un centre international pluridisciplinaire et œcuménique (Centre International de la Sainte-Baume) : s’ouvrir à l’autre et à sa différence est sans doute le plus doux chemin pour féconder notre conscience et notre spiritualité, nous permettant de redécouvrir nos propres racines, brouillées et rendues inatteignables par des siècles de religions institutionnelles. Goûter à la « La Montagne dans l’Océan », ce n’est pas à la portée de tous…

J’oserais m’avancer en disant qu’il a questionné depuis son climat masculin (la science, la recherche, certaines philosophies, le visible) autant que depuis son climat féminin, (monde des Images, des icônes, des intuitions, des songes, de ce qui est caché) qui ne sont évidemment pas à opposer mais à réunir en chacun de nous. Un chemin d’ouverture à cette notion d’anthropocène éclairé, qui expérimente cette conscience d’appartenir au Cosmos où tout est interdépendant et où l’on cesse de vouloir avoir raison de l’opposé, mais avec qui l’on communie dans la différence. Brûler une forêt c’est une part de nous qui part en cendres. Brimer une dimension en nous (corporelle, mentale, spirituelle), c’est contribuer à détruire un écosystème ; tant qu’un corps en nous n’est pas harmonisé (« nos corps de mémoires, d’appétits, d’émotions, de pensées, de sentiments, d’Images, de louanges, notre corps de silence »), nous participons au chaos de la planète…

Et finalement quoi ? Toutes ces recherches poussées dans tous les domaines spatiotemporels de notre courte vie ici, dans ce corps limité que nous sommes, parviendrions-nous à accéder à l’Essentiel ? Comment transformer l’inachevé en plénitude ?

« Notre corps en sait plus que tous les livres sur l’éternité et sur la mort, et il le sait depuis sa naissance, depuis le moment où il a commencé à mourir. » Manque et Plénitude de JYL

Alors commencer par respirer, conscients que notre vie ne tient qu’à un fil, qu’à un Souffle, contempler notre inspiration et son Origine silencieuse, ainsi que notre expiration qui y retourne, là se passe une détente alignée, un axe souple, une réunion du Ciel et de la Terre, nous devenons un lien entre les deux, prendre place entre gravité et souffle, entre le limité et l’illimité. 

Il est un fameux conte que l’on retrouve sous des formes différentes selon la culture dont il est issu, mais racontant la même histoire : celle de l’homme qui cherche un trésor, qui parcourt le monde entier, affronte les plus grosses épreuves, revient à la maison chargé d’expériences, de questions supplémentaires, d’images différentes, une conscience élargie sur l’infinité du monde, avec quelques blessures en plus, quelques déceptions aussi… mais j’aime à l’imaginer, sans aucun regret. Un peu las, par toutes ces quêtes, ces questions, il finit par se poser sous un arbre de son jardin. La question semble enfin épuisée, tout comme lui. Une brèche est donc créée pour que puisse jaillir dans le secret de son Souffle son trésor qu’enfin il découvre. C’est le début de la paix.

Yeshoua (mot hébreu, qui a donné Jésus en français) veut dire en fait « respirer au large ».

Sans doute est-il dans nos propres racines le symbole, l’archétype de notre culture occidentale de celui qui a su « se sauver » en « respirant au large ». Mais se sauver de quoi ? Malheureusement pas de la cruauté de sa crucifixion et de sa mise à mort. Physiquement ils ne l’ont pas loupé, bien cloué, bien transpercé…

Lorsque je compare son époque à la nôtre quant au manque de respect de la vie sous toutes ces formes, l’oppression envers les femmes, le racisme, la course au pouvoir, les orgies et l’épuisement des ressources vitales, l’esclavage, l’abus des plus innocents, la richesse insultant la misère, les déportations, le massacre de peuples entiers, le sort qu’on réserve aux personnes qui osent penser, dire, agir, sentir, voir, entendre autrement… je ne peux que constater qu’on n’a pas beaucoup évolué, à part dans l’efficacité et l’ingéniosité de nos armes de destruction massive, et dans notre efficacité à détruire et polluer. « Se sauver », c’est sans doute trouver la paix, « respirer au large » bien ancré et conscient dans ce monde, sans le fuir, sans complaisance… c’est pleurer sur tout ce gâchis, c’est se remplir d’amour au fond d’une boîte de conserve rouillée. C’est rester debout, crucifié par nos peurs, nos angoisses, paralysé par tout ce qui nous dégoûte, nous abuse, nous blesse, tout ce qui viole l’innocence. Crucifié par tout qu’on a fait mal, par ignorance, par notre inconscience, par nos illusions, nos désespoirs. Quand on mord la poussière d' Adam, face à la maladie, à la perte de nos êtres chers… se relever, continuer à respirer au large, « malgré et avec tout », à faire circuler la vie, l’amour, les garder bien vivants en nous, à travers nous. C’est rester debout à l’intérieur, sortir de nos enfermements. Se remettre en route, c’est parfois s’asseoir, dans cette vie-là, dans ce corps-là. C’est sans doute cela ressusciter des morts. 

S’asseoir, poser ses rames pour ne pas dire ses armes, monter les voiles et respirer au large… notre bien-Etre, s’il ne s’agit pas consommer l’autre, contribue à l’Etre de tous. 

« Prendre soin de la parcelle de l’Univers qui nous a été confiée », c’est aussi contribuer à soigner une parcelle de la planète. 

Jean-Yves Leloup nous propose donc L’Intercontinentale des Consciences, c’est un réseau, une autonomie responsable et en communion. 

Là cesse la question et commence « la respir-action ». « Les odyssées de la Conscience », c’est une plateforme d’enseignements en ligne avec cette proposition : un équilibre entre l’action et la contemplation sans les opposer. Entre une connaissance et sa mise en pratique par l’expérience. Un peu comme intégrer la vie avec un ET ainsi qu’un OUI. C’est un soutien pour une discipline qui ouvre vers la liberté, la responsabilité et la détente. C’est revenir au Soi, goûter au large tout en acceptant ce qui est. C’est prendre soin de vous, de ce petit bout de cosmos, et pratiquer 1 à 4 fois par jour la « médit-action ».

Merci à cette équipe d’amis au grand cœur qui ont eu cette idée magnifique de cadeau pour Jean-Yves Leloup et pour nous tous, qui prennent sur leur temps pour créer cette plateforme. Elle contient donc plusieurs parcours audio, avec des séquences d’enseignements et de méditations. Le premier parcours est gratuit. 

https://elearning.jeanyvesleloup.eu

C’est un moyen de changer le charbon de notre cœur en diamant, en laissant circuler en nous cet infiniment plus « vivant et plus aimant que nous ». 

Surtout ne pas croire,

Mais expérimenter, 

Vérifier par soi-même, 

Bonne exploration !